Étant passionné d’automobile et expert en mécanique, je m’intéresse aujourd’hui au moteur Mitsubishi 2.2 DiD 150cv. Ce bloc diesel a équipé plusieurs modèles de la marque japonaise et suscite de nombreuses questions quant à sa fiabilité. Après avoir analysé des centaines de témoignages et de données techniques, je vous propose un examen détaillé de ce moteur pour vous aider à déterminer s’il mérite votre confiance ou non.
L’article en 15 secondes :
Le moteur Mitsubishi 2.2 DiD 150cv est un bloc diesel puissant qui présente des qualités mais aussi des faiblesses notables.
- Performances solides : 4 cylindres de 2268 cm³ développant 150 ch et un couple généreux de 380 Nm.
- Problème majeur : défaillance de l’arbre d’équilibrage pouvant survenir dès 100 000 km avec réparations coûteuses (3500-6000€).
- Encrassement fréquent : vanne EGR, FAP et turbo particulièrement sensibles aux trajets courts.
- Longévité variable : certains exemplaires dépassent 300 000 km tandis que d’autres connaissent des pannes importantes avant 150 000 km.
- Entretien crucial : vidange recommandée tous les 15 000 km pour optimiser la durabilité.
Présentation du moteur Mitsubishi 2.2 DiD 150cv
Le moteur Mitsubishi 2.2 DiD est un 4 cylindres en ligne DOHC de 2268 cm³ développant 150 chevaux à 3500 tr/min. Avec son couple généreux de 380 Nm, il offre des performances honorables, permettant par exemple à l’Outlander d’atteindre le 0 à 100 km/h en 9,6 secondes et une vitesse maximale de 200 km/h. Ce bloc remplace l’ancien moteur 2.2L HDi de PSA et a évolué vers le 2.3L 4N14 en 2010.
J’ai constaté que ce moteur équipe principalement les Mitsubishi Outlander de deuxième génération (2007-2012) et de troisième génération (2012-2018) dans sa version évoluée. On le retrouve également sous le capot de certaines versions de l’ASX. Il est généralement associé à une boîte manuelle à 6 vitesses et souvent couplé à une transmission intégrale.
En termes de consommation, les chiffres officiels annoncent 5,4 L/100km en cycle mixte. Par contre, dans des conditions réelles d’utilisation, j’observe des valeurs bien différentes :
- En ville : environ 9,6 L/100km pour l’Outlander 4×4
- Sur route : environ 7,4 L/100km
- Sur autoroute : entre 8 et 9 L/100km selon la charge et la vitesse
Les coûts d’entretien courant restent raisonnables avec des révisions oscillant entre 150€ et 250€. Néanmoins, certaines interventions spécifiques comme le remplacement de la vanne EGR (environ 258€) peuvent faire grimper la facture.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Cylindrée | 2268 cm³ |
| Puissance | 150 ch à 3500 tr/min |
| Couple | 380 Nm |
| 0 à 100 km/h (Outlander) | 9,6 secondes |
| Vitesse max (Outlander) | 200 km/h |
Quels sont les problèmes fréquents rencontrés par le moteur 2.2 DiD 150cv ?
À travers mon expérience et les nombreux retours que j’ai pu collecter, j’identifie plusieurs points faibles récurrents sur ce bloc diesel. Le problème majeur concerne l’arbre d’équilibrage, un défaut qui peut s’avérer particulièrement coûteux. Les symptômes sont assez caractéristiques : bruit métallique sourd, claquements à l’accélération ou au freinage, et présence de particules métalliques (notamment du cuivre) dans l’huile moteur.
Ce problème d’arbre d’équilibrage est souvent confondu avec un dysfonctionnement de la poulie damper. Certains propriétaires décrivent un « bruit de tracteur » au ralenti, particulièrement après une vidange. Les défaillances peuvent survenir dès 100 000 kilomètres sur certains modèles, avec un coût de réparation variant entre 3 500€ et 6 000€, une somme conséquente qui peut dépasser la valeur résiduelle du véhicule.
L’encrassement représente le second point noir de ce moteur. J’observe fréquemment des problèmes liés au système antipollution, notamment :
- Encrassement de la vanne EGR
- Colmatage du filtre à particules (FAP)
- Accumulation de carbone sur les ailettes VNT du turbo
- Encrassement des collecteurs d’admission
Ces problèmes se manifestent par une perte de puissance, des démarrages difficiles et une augmentation de la consommation. Je constate également l’émission de fumée noire à l’échappement dans les cas les plus avancés. Les trajets courts en ville aggravent considérablement ces phénomènes d’encrassement, d’où l’importance d’un nettoyage préventif des collecteurs tous les 20 000 km.
Enfin, j’ai identifié des faiblesses au niveau du turbo et du circuit d’alimentation. Les codes d’erreur P2563 ou P0299 signalent généralement des problèmes de turbo, tandis que les codes P0087/P0093 révèlent des dysfonctionnements de la pompe haute pression. Là encore, les trajets courts à bas régime constituent un facteur aggravant.

Retours d’expérience et fiabilité à long terme du moteur Mitsubishi 2.2 DiD 150 CV
Les témoignages que j’ai recueillis auprès des propriétaires montrent une réalité contrastée. D’un côté, je note de nombreux retours positifs de conducteurs ayant dépassé les 200 000 kilomètres sans problème majeur. Un propriétaire rapporte même avoir atteint 310 000 km avec uniquement l’entretien régulier. Cette longévité impressionnante confirme le potentiel de ce moteur lorsqu’il est correctement entretenu.
D’un autre côté, je relève également des témoignages négatifs significatifs. Plusieurs utilisateurs signalent des défaillances importantes dès 100 000-150 000 km : problèmes d’huile, ratées à chaud, turbo hors service, dysfonctionnements d’injection. Un propriétaire mentionne avoir dû remplacer l’embrayage à 140 000 km pour la somme de 3 000 euros.
Je constate que l’entretien joue un rôle déterminant dans la longévité de ce moteur. Les vidanges doivent être réalisées tous les 15 000 km (et non 20 000 km comme préconisé par le constructeur). Le respect des temps de chauffe et de refroidissement du turbo, ainsi que le nettoyage régulier des systèmes d’admission et d’échappement, sont également essentiels.
Par rapport à ses concurrents comme le 1.9 TDI de Volkswagen ou le 2.0 dCi de Renault, le moteur Mitsubishi offre plus de couple mais présente des faiblesses similaires (EGR, turbo). Sa fiabilité globale peut être évaluée à 7/10, un score honorable face à la concurrence. J’apprécie particulièrement que Mitsubishi offre une garantie de 5 ans ou 100 000 km sur ses véhicules, témoignant d’une certaine confiance du constructeur dans la durabilité de ses produits.
Après cette analyse approfondie, je considère que le moteur Mitsubishi 2.2 DiD 150cv constitue un bloc diesel robuste mais imparfait. Sa fiabilité dépend largement de l’entretien et du type d’utilisation. Pour les conducteurs effectuant principalement de longs trajets et respectant scrupuleusement les intervalles d’entretien, ce moteur peut offrir satisfaction pendant de nombreuses années.
