Les motos de la Gendarmerie nationale racontent à elles seules l’évolution des missions, des routes et des choix industriels. Depuis les gros trails routiers jusqu’aux grandes routières, le parc a changé au rythme des appels d’offres, des besoins opérationnels et des retours d’expérience terrain.
L’article en 15 secondes :
Je vous résume en une phrase : la Gendarmerie aligne des routières BMW pour les longues liaisons et des trails légers pour la ville, afin d’améliorer la performance opérationnelle et la facilité de maintenance.
- Assignez la moto à la mission : BMW R 1250 RT pour autoroute et longues distances, R 1250 GS pour terrains variés, F 750 GS et Yamaha Tracer 7 pour milieu urbain et missions légères.
- Privilégiez autonomie et composants fiables, notamment batteries lithium et antivols homologués, pour réduire les pannes et les arrêts atelier.
- Anticipez les appels d’offres et planifiez les renouvellements par vagues, vous éviterez les ruptures de disponibilité et faciliterez la gestion des pièces et des formations.
- Maintenez un parc mixte et formez vos équipes à chaque famille de motos, cela conserve la polyvalence opérationnelle et limite les coûts à long terme.
Les modèles de motos actuellement utilisés par la Gendarmerie
Depuis 2022, la Gendarmerie nationale s’appuie sur un trio BMW composé de la BMW F 750 GS, de la BMW R 1250 GS et de la BMW R 1250 RT. Cette dotation découle de l’appel d’offres remporté par BMW Motorrad en 2021, qui a confirmé la place du constructeur allemand dans le parc moto des forces françaises.
À cette base s’est ajoutée, à partir de 2022, la Yamaha Tracer 7 pour les missions relevant des trails routiers de moins de 700 cm³. Une synthèse publiée en 2026 indique aussi un passage majoritaire aux BMW R 1300 GS, avec l’arrivée de la R 1300 RT, signe d’un renouvellement progressif du parc.
Pour les particuliers qui souhaitent acheter une moto, les règles diffèrent selon le permis.
Pour comprendre cette répartition, il faut regarder les besoins concrets des unités. La Gendarmerie ne choisit pas une moto seulement pour sa fiche technique, mais pour sa capacité à tenir un rôle précis sur autoroute, en zone rurale ou en circulation dense.
Répartition des modèles selon les missions et usages
Les modèles sont classés selon leur catégorie et leur terrain de prédilection. Cette logique permet de mieux associer la moto à la mission, qu’il s’agisse d’interception, de patrouille ou de surveillance.
BMW F 750 GS, BMW R 1250 GS, BMW R 1250 RT et Yamaha Tracer 7
La BMW F 750 GS est un petit trail routier, adapté à la ville et aux trajets où la réactivité compte. Son gabarit plus contenu aide dans les déplacements urbains, les prises d’axe rapides et les interventions nécessitant de la maniabilité.
La BMW R 1250 GS se situe dans la famille des gros trails routiers. Elle offre une bonne polyvalence et garde de l’aisance sur des terrains variés, ce qui en fait une moto adaptée aux secteurs mixtes, avec alternance de routes secondaires, de liaisons rapides et de portions plus dégradées.
La BMW R 1250 RT est une grande routière pensée pour la patrouille autoroutière. Sa protection, sa stabilité et sa capacité à enchaîner les kilomètres répondent bien aux exigences de la surveillance sur grands axes.
La Yamaha Tracer 7, de son côté, couvre les missions à faible cylindrée. Elle complète le parc sur des usages où la légèreté, la sobriété et la facilité de prise en main sont attendues.
L’usage intensif en patrouille impose aussi de privilégier l’autonomie et des composants fiables, notamment les batteries lithium.
Adaptation des motos aux besoins opérationnels
Dans la pratique, le choix de la moto dépend du type de route, du niveau de vitesse moyen et du contexte d’intervention. Une patrouille autoroutière ne demande pas les mêmes qualités qu’une mission en centre-ville ou sur un réseau départemental plus irrégulier.
La Gendarmerie recherche donc un équilibre entre puissance, confort, endurance et maniabilité. Cette logique explique la coexistence de trails routiers, de routières et de machines plus légères dans le même parc.
Le tableau suivant résume les catégories les plus utilisées et leur emploi le plus courant.
| Modèle | Catégorie | Usage principal |
|---|---|---|
| BMW F 750 GS | Petit trail routier | Milieu urbain, réactivité, missions de proximité |
| BMW R 1250 GS | Gros trail routier | Terrains variés, polyvalence, liaisons mixtes |
| BMW R 1250 RT | Grande routière | Patrouille autoroutière, longues distances |
| Yamaha Tracer 7 | Trail routier de moins de 700 cc | Missions à faible cylindrée, usage plus léger |
Historique des motos utilisées par la Gendarmerie
Le parc moto de la Gendarmerie a beaucoup évolué depuis l’après-guerre. Les changements de génération suivent à la fois les progrès techniques, les besoins de vitesse de croisière sur autoroute et les décisions prises lors des marchés publics.

Des BMW R50 aux années 1990
Jusqu’en 1975, la Gendarmerie roule notamment en BMW R50 de 500 cm³. Dans les années 1970, la Honda 750 Four marque une étape importante, avec une montée en cylindrée et en performances.
Au cours des années 1980 et 1990, plusieurs références se succèdent, dont la Yamaha XJ 900, la BMW K 75 RT et, dans les années 1990, la Harley-Davidson Electra Glide. Cette période montre déjà une alternance entre constructeurs et philosophies mécaniques différentes.
La montée en puissance des routières BMW et l’étape Yamaha
Entre 1992 et 1996, les unités départementales et mobiles utilisent des BMW K75 de 740 cm³, tandis que la Garde républicaine reçoit des K100 de 1 000 cm³. Dans les années 1990, la BMW R 80 RT est d’abord utilisée, puis remplacée par la K75.
De 1990 à 2006, la Kawasaki 1000 GTR occupe aussi une place notable. À la fin des années 1990, les BMW R 1100 RT puis R 1150 RT entrent en service, ce qui confirme la montée en gamme vers des routières plus adaptées aux longues distances.
En 2005, la Gendarmerie choisit la Yamaha FJR 1300. Puis, entre 2012 et 2015, elle revient chez BMW avec la R 1200 RT. Cette alternance BMW/Yamaha traduit surtout les réponses successives aux appels d’offres et aux besoins techniques du moment.
Caractéristiques techniques des principales motos utilisées
Les données de puissance et de vitesse maximale donnent une bonne lecture des écarts entre modèles. Elles ne résument pas tout, mais elles aident à comprendre pourquoi une machine est retenue pour l’autoroute, une autre pour la ville ou une troisième pour les trajets mixtes.
Voici un comparatif synthétique des principaux modèles cités dans l’histoire récente du parc moto.
| Modèle | Puissance | Vitesse max | Lecture opérationnelle |
|---|---|---|---|
| Yamaha FJR 1300 | 146 ch | 245 km/h | Très à l’aise sur grands axes et longues liaisons |
| BMW R 1250 RT | 136 ch | 200 km/h | Routière taillée pour la patrouille autoroutière |
| BMW R 1200 RT | 125 ch | 210 km/h | Bon compromis entre confort, vitesse et endurance |
| Kawasaki 1000 GTR | 100 ch | 220 km/h | Modèle rapide, adapté aux déplacements soutenus |
| Yamaha XJ 900 | 97 ch | 215 km/h | Polyvalence correcte pour les usages mixtes |
| BMW K 75 RT | 75 ch | 185 km/h | Machine plus modeste, adaptée à des missions moins rapides |
| Harley-Davidson Electra Glide | 66 ch | 160 km/h | Plutôt orientée confort que performance pure |
| Moto Guzzi V7 | 50 ch | 170 km/h | Puissance limitée, usage plus tranquille |
| BMW R 80 RT | 50 ch | 170 km/h | Ancienne routière, adaptée à son époque |
Ces chiffres montrent une montée progressive des performances au fil des décennies. Les modèles les plus rapides répondent aux besoins autoroutiers, tandis que les versions plus compactes ou moins puissantes gardent leur place pour des missions de proximité ou des usages moins exigeants en vitesse de pointe.
Évolution des choix et enjeux d’équipement de la Gendarmerie
Depuis les années 2010, la Gendarmerie montre une nette préférence pour les modèles BMW. Cette tendance s’explique par la fiabilité perçue, les performances routières, la tenue mécanique et l’adaptation à des missions françaises très variées.
BMW propose des motos pensées pour les grands trajets, avec une bonne stabilité et une ergonomie compatible avec un usage intensif. Pour une force qui roule beaucoup sur autoroute, en zone périurbaine et sur réseau secondaire, ce type de cahier des charges pèse lourd.
La sécurité matérielle, par exemple le choix d’un antivol homologué, est prise en compte pour l’assurance des engins.
Les marchés récents montrent aussi une alternance avec Yamaha, selon les cylindrées demandées et les familles de missions. La Yamaha FJR 1300 a occupé une place importante avant le retour de BMW, puis la Yamaha Tracer 7 a répondu à un besoin plus léger sur le segment des trails routiers de moins de 700 cm³.
Cette logique ne relève pas d’un choix figé. Les appels d’offres publics remettent régulièrement les cartes sur la table, avec des critères de prix, de disponibilité, de maintenance et d’adéquation au service attendu. C’est souvent là que se joue l’orientation du parc moto.
Sur l’historique, les informations institutionnelles de la Gendarmerie restent les plus fiables pour suivre la chronologie des modèles. Pour les chiffres techniques, la presse spécialisée apporte des données utiles et plus précises sur la puissance, la vitesse de pointe et les écarts entre générations.
Au final, l’équipement moto de la Gendarmerie suit une logique simple, celle d’un outil de travail qui doit rester adapté à la mission, robuste et cohérent avec les besoins du terrain. C’est cette exigence qui explique les changements successifs de modèles et de marques.
