L’Aston Martin DB9, produite entre 2004 et 2016, reste une référence dans la catégorie des voitures de grand tourisme. Entre élégance britannique et moteur puissant, elle s’impose comme un modèle emblématique pour qui recherche un mélange de confort et de performance.
L’article en 15 secondes :
Je vous aide à cibler une DB9 saine, en vérifiant historique, transmission et structure pour profiter du V12 sans mauvaises surprises.
- Exigez le carnet + factures, révisions tous les 16 000 km (environ 1 100 à 1 500 €), absence de frais récents = vigilance.
- Privilégiez la boîte manuelle si possible, sur une automatique contrôlez fuites et mises à jour, embrayage environ 3 500 € vers 40 000 km, écoutez la 2e.
- Vérifiez les numéros de châssis, alu/acier = réparations coûteuses, traquez les infiltrations d’eau aux phares et à la capote Volante.
- Sur route, bruits ou vibrations = silentblocs/rotules/diff à revoir, pack Sport plus ferme, freins ~25 000 km (450 à 500 € par essieu).
- Moteur V12 450 à 540 ch fiable si suivi, testez la capote à froid et à chaud, fonctionnement fluide, pas de plis ni déchirures, capteurs et centralisation fonctionnels.
Selon les versions, la DB9 délivre de 450 à 540 chevaux, la puissance variant au fil des évolutions et des finitions GT ultérieures. Cette gamme de motorisations confère au modèle un fort attrait auprès des passionnés et des collectionneurs.
Historique et entretien
Avant d’ouvrir le capot, il est utile de comprendre l’importance du suivi historique. Le carnet et les factures racontent la vie réelle de la voiture.
Vérifiez l’historique d’entretien rigoureux
Je commence toujours par demander le carnet d’entretien complet et l’ensemble des factures. Un dossier d’entretien cohérent permet d’évaluer la fiabilité et d’anticiper les opérations majeures déjà réalisées, comme les courroies, les grosses révisions ou des interventions lourdes sur la transmission.
Les révisions périodiques sont à prévoir tous les 16 000 km, avec un coût qui se situe généralement entre 1 100 et 1 500 € selon le niveau d’intervention. Une absence de factures récentes doit vous inciter à la prudence, car un véhicule négligé peut générer des travaux coûteux à moyen terme.
À l’usage, je recommande de chauffer le moteur doucement à froid. Cela limite les contraintes mécaniques sur le V12 et prolonge les organes d’usure. Pour les modèles équipés d’une boîte automatique, surveillez attentivement les fuites d’huile de transmission et l’aspect du convertisseur, car les problèmes peuvent être coûteux à réparer.
Choix de la boîte de vitesses
Le choix de la transmission influence fortement l’agrément de conduite et les frais d’entretien. Voici ce que je constate le plus souvent lors des expertises.
Choisissez la boîte manuelle si possible
La DB9 est disponible en boîte manuelle 6 rapports sur certaines versions, une option appréciée pour la sensation de conduite. La boîte manuelle privilégie l’engagement et la précision, surtout pour qui veut exploiter le caractère du V12.
À l’inverse, la boîte automatique peut se montrer lente et générer des à-coups, notamment sur les premières versions. Si vous envisagez une automatique, vérifiez l’état de la transmission et la présence éventuelle de corrections logicielles qui améliorent la réactivité.
L’embrayage d’une DB9 coûte cher à remplacer, aux alentours de 3 500 €, et il peut nécessiter une intervention tous les 40 000 km selon usage. Lors de l’inspection, j’écoute les bruits en deuxième vitesse et j’examine les signes d’usure ou de patinage pour estimer l’état de l’embrayage et du mécanisme de boîte.
Inspecter la structure et la carrosserie
La structure et la qualité de la carrosserie déterminent la valeur et la sécurité du véhicule. Un contrôle méticuleux est recommandé.
Inspectez structure et carrosserie
Commencez par vérifier la correspondance des numéros de châssis sur la plaque moteur, le pare-brise et le point de châssis principal. Un numéro cohérent et lisible est un indicateur fort d’absence de châssis réparé ou trafiqué.
La DB9 combine des éléments en aluminium et en acier. Cette association apporte légèreté et rigidité, mais elle rend la coque sensible aux chocs. Les réparations lourdes doivent souvent être réalisées en usine ou par des spécialistes, avec des coûts qui peuvent rapidement grimper.
Contrôlez aussi les joints d’étanchéité autour des phares et de la capote Volante. Des infiltrations d’eau témoignent parfois d’incurie et peuvent provoquer des dégâts électriques ou des problèmes de corrosion sur certaines pièces d’assemblage.
Points faibles à considérer
Quelques fragilités récurrentes sont à connaître pour éviter les mauvaises surprises en occasion.
Points faibles intérieur/extérieur
L’intérieur de la DB9 vieillit différemment selon l’usage. Les cuirs, et en particulier le siège conducteur, montrent souvent des signes d’usure prématurée. Vérifiez l’état du revêtement, les coutures et l’assise pour évaluer la nécessité d’une remise en état ou d’une restauration complète.
Le tableau de bord peut se déformer au soleil dans les véhicules ayant passé beaucoup de temps à l’extérieur, ce qui entraîne des gondolages et des microfissures. Les vitres électriques et la centralisation sont d’autres points sensibles ; des commandes capricieuses signalent des problèmes électriques qui peuvent être longs à diagnostiquer.
Un rappel a concerné les vis des triangles avant sur certains millésimes 2005-2006. Je vérifie toujours que cet élément a bien été traité, car il touche à la sécurité du train avant.
Suspensions et freins
La tenue de route et la sécurité dépendent directement de l’état des trains roulants et du système de freinage.
Suspensions et freins
Lors de l’inspection, j’écoute les bruits de train avant et j’évalue le comportement du différentiel en virage serré. Des claquements ou des vibrations peuvent indiquer des silentblocs fatigués, des rotules usées ou un différentiel nécessitant une révision.
Le pack Sport modifie la géométrie et la fermeté des suspensions, rendant la voiture plus incisive mais moins confortable. Si vous privilégiez le confort grand tourisme, vérifiez l’option et testez la voiture sur différents profils de route.
Côté freins, le remplacement des plaquettes et disques est attendu environ tous les 25 000 km selon usage, avec un coût moyen de 450 à 500 € par essieu pour des pièces de bonne qualité. L’usure et les vibrations au freinage doivent être contrôlées lors d’un essai dynamique.
Performance du moteur
Le cœur de la DB9, le V12, est la principale raison d’achat pour beaucoup. Son état mécanique conditionne plaisir et longévité.
Moteur V12 et évolutions
La puissance de la DB9 a évolué : environ 450 ch sur les premières versions, montée à 470 ch en 2009, puis jusqu’à 510 et 540 ch sur les variantes GT de 2013 et suivantes. Ces évolutions se traduisent par des performances accrues et des réponses moteur différentes selon les millésimes.
La fiabilité du V12 est bonne si l’entretien est régulier. Les opérations courantes incluent vidange, bougies et contrôle des courroies. Sans suivi, des problèmes moteur peuvent émerger et engendrer des réparations coûteuses. Pour cela, je privilégie souvent les modèles récents qui bénéficient d’améliorations au niveau du châssis et des suspensions, ce qui améliore la stabilité et la tenue de route.
Vérification de la capote Volante
La version Volante demande une attention particulière sur la mécanique d’ouverture et l’étanchéité. Voici comment l’évaluer avant achat.
Capote Volante et essai
Testez le mécanisme électrique plusieurs fois, à froid et après un court trajet. Un fonctionnement fluide et silencieux sans accrocs indique un mécanisme en bon état. Vérifiez l’absence de plis excessifs ou de déchirures dans la toile et inspectez les joints pour détecter toute infiltration.
Lors de l’essai, privilégiez une route bien entretenue pour évaluer le comportement GT. La DB9 est pensée pour couvrir de longs trajets avec confort, et l’exposition à des routes dégradées peut masquer des défauts de suspension ou amplifier l’usure de la capote.
Évitez d’oublier l’aspect électrique : la centralisation et les commandes de la capote doivent fonctionner correctement, les capteurs et butées étant parfois source de pannes électriques ou mécaniques coûteuses.
Pour vous aider à prioriser les vérifications, voici un tableau synthétique des points à contrôler et des coûts approximatifs.
| Élément vérifié | Fréquence / intervalle | Coût estimé |
|---|---|---|
| Révision (16 000 km) | Tous les 16 000 km | 1 100 – 1 500 € |
| Embrayage (boîte manuelle) | ≈ 40 000 km selon usage | Environ 3 500 € |
| Freins (disques + plaquettes) | ≈ 25 000 km | 450 – 500 € par essieu |
| Réparations carrosserie lourdes | Au besoin | Variable, souvent élevé |
| Contrôle capote et joints | À l’achat puis suivi régulier | Variable selon étanchéité |
En synthèse, pour l’achat d’une DB9 je vous conseille de prioriser l’examen du carnet, l’état de la transmission et le comportement sur route. Faites un essai prolongé, faites contrôler les numéros de châssis et n’hésitez pas à solliciter un expert si un point vous semble opaque.
Si vous suivez ces vérifications, vous aurez une vision claire des forces et limitations de la DB9 et pourrez décider en connaissance de cause.
